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« Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

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 Amour d'une Louve ♣

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Amour d'une Louve
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MessageSujet: Amour d'une Louve ♣   Mer 27 Aoû - 5:16


AMOUR D'UNE LOUVE
La vie n'est que le commencement de la mort


Hide and Seek : Prologue
Amour d'une Louve
Paillou
15 ans
Marine

Imaginez-vous en train de courir. Courir sans relâche et sans vous retourner. Courir en regardant droit devant vous, en trébuchant tous les 3 pas, en haletant et en pleurant. Imaginez-vous couvert du sang de vos parents, couvert de blessures si profondes que l’on pourrait voir vos muscles remuer sous votre peau. Les murs défilent devant vous, les ténèbres sont partout. Elles vous ont pris au cœur, à la tête et aux membres. Elles vous empêchent d’avancer, elles vous stoppent et vous déstabilisent. Vous ne savez pas où vous allez, vous ne savez pas combien de temps vous allez encore pouvoir tenir, vous ne savez pas si ce qui coule sur vous est de la sueur ou du sang. Vous voulez vous tapir dans un coin et pleurer. Vous voulez cesser d’avoir peur, vous souhaitez que tout ceci prenne enfin fin. Vous désirez que l’on vous achève, que l’on cesse de jouer avec vous, que l’on arrête de vous manipuler comme un pion sur un échiquier. Mais la partie n’est pas finie, le jeu continue et vous êtes chassé. On vous a trouvé, vous avez perdu. La dernière règle est de courir, vous ne l’avez pas oublié. Vos pieds nus dérapent sur le plancher usé, vos jambes tremblent si fort que vous ne craigniez qu’elles vous abandonnent. Votre cœur vous sort par la bouche, vos yeux se brûlent, mais vous continuez à courir. Car il n’y a plus que ça à faire. Courir sans hurler, courir sans pleurer, courir sans trembler, courir sans se retourner, courir sans s’arrêter.

Vous vous êtes imaginés tout cela, comme je vous l’avez demandé ? Bien. A présent, dites-vous que tout ceci est réel. Non pas pour vous, mais pour une autre personne, proche ou lointaine de vous, ça n’a pas d’importance. Dites-vous qu’elle devait faire tout ce que vous venez de vous visualiser dans votre tête. Ressentez-vous sa peur ? Sa souffrance ? Ressentez-vous son sang qui dégouline ? Autour de ses poignets se trouvent deux bracelets de barbelés fraîchement tranchés. Sentez-vous le fer qui s’enfonce d’avantage dans sa chair à chacun de ses mouvements ? Comprenez-vous le martyr qu’elle éprouve à chaque fois que ses pieds nus se plantent dans des clous rouillés qui jonchaient le sol ?

Elle fuit un fou, elle fuit son bourreau. Elle fuit celui qui a tout détruit, elle fuit celui qui les a tous tué. Ses cheveux trempés de croûtes de sang noir lui collent au front et aux joues. Trempée de sueur et d’hémoglobine, elle trébuche, se relève, tombe, se redresse. Elle se jette sur une porte, pénètre dans la pièce et referme à double-tours la porte derrière elle. Elle allume la lumière. Et elle hurle. Il était déjà là. Lui, était là. Il l’attendait. Elle s’effondre sur le sol, sanglotant, gémissant, agonisant. Elle se recroqueville contre le mur glacé, elle se cache le visage de ses mains griffées, blessées et tachées. Ses ongles noirs et cassés s’accrochent dans ses mèches de cheveux qui tombent sur ses yeux. Elle serre les dents, elle se mord la langue, elle pleure, elle supplie, elle prie. Il s’avance, il sourit, il ricane, il se moque. Il s’approche. Il la relève violemment et la plaque contre le mur. La respiration de la jeune femme est saccadée, elle se débat mais cela n’aboutit à rien. Il la prend par les cheveux et la jette par terre. Elle tend les mains pour amortir le choc et lâche un hurlement lorsque ses dents entrèrent en contact avec le sol. Ses incisives se fracassèrent et le sang gicla de ses gencives. Elle plaque sa main contre sa bouche pour tenter d’atténuer le flot de sang qui dégouline de ses lèvres, coule entre ses doigts et trempe son poignet et son avant-bras. Elle jette un regard douloureux à son agresseur qui semblait se délecter de la souffrance de sa victime. Il tend une main et lui plaque la joue droite contre le parquet, pendant qu’il lui massacre la colonne vertébrale à coup de pied. Il attrape un couteau de boucher qui est accroché à sa ceinture de cuir et lui plante dans le dos. La jeune femme serre les poings, raclent le sol de ses ongles brisés, et crie d’abomination. Épuisée, agonisante, elle laisse retomber sa tête par terre, les épaules secouées de sanglots incontrôlables. Son exécuteur se penche vers elle, lui écarte une mèche de cheveux de son oreille et pose ses lèvres dessus.

« Trouvée. »

Ce mot dit, il lève son arme et l’abat sur le crâne de sa victime. Le sang éclabousse la pièce, gicle de la bouche de la défunte et trempe ses vêtements. La jeune femme cesse de trembler et ses yeux se perdent dans le vide. Elle a perdu.




L’Éclat du Destin : Chapitre 1 - Partie 1
L’Éclat du Destin : Chapitre 6
Une aube nouvelle se leva, parant le ciel de ses beaux reflets matinaux, roses et oranges. Le Monde de tous les jours aurait voulu que des chamois bondissent dans les hautes herbes. Que des corbeaux déchirent la toison bicolore en croassant. Que des poissons argentés tracent leur chemin dans les ruisseaux translucides et froids du bas des montagnes. Cependant, de telles situations demeuraient à présent impossibles. C’est donc comme seul compagnon, le silence, qui accueillait chaque matin, les rescapés de la terrible épidémie connue sous le nom de Orla. Un silence qui s’avérait même, parfois, être trop bruyant.
Parmi les herbes encore fraîchement humides, une silhouette féminine avançait furtivement, ses pattes frôlant doucement le sol. Ses oreilles s’agitaient sans bruit et elle balançait sa queue touffue de droite à gauche. Elle leva la truffe pour humer l’air et entrouvrit la gueule, avant de se souvenir que ce qu’elle cherchait ne pouvait pas être flairé. « Je ne me ferai jamais à l’absence de gibier. » Elle franchit un ruisseau coulant en direction du Sud, et se dirigea vers des massifs verts éclatants. Lorsque l’animal posa son museau contre une des feuilles, elle recula brusquement la tête en grondant. Elle contourna le piège et arracha trois tiges sur lesquels avaient poussé des grappes de petites boules noires. Tentant d’ignorer les épines qui lui rentraient dans la langue et le palais, elle cala ses prises dans sa gueule et continua sa route, yeux plissés. Lorsqu’elle fut devant un arbre qui contenait des sortes de fruits ovales et orangés sur chacune de ses branches brunes, elle déposa son fardeau sur le sol, s’accroupit sur le sol et bondit dans les airs pour tenter d’en attraper un. Sans succès. Elle retomba sur par terre, bredouille. Frustrée, la femelle montra les crocs et se mit à tourner autour de l’arbre, pour chercher en vain une meilleure localisation pour essayer de l’attraper. Elle retenta ensuite une nouvelle fois, qui se solda, sans grande surprise, par un échec. Alors qu’elle allait recommencer, le bruit d’une brindille que l’on écrase, retentit derrière elle. N’ayant pas besoin de se retourner pour deviner l’identité de son visiteur, elle se contenta de soupirer. Le nouveau venu lui passa devant et lui lança une œillade moqueuse.

« Laisse faire le maître. Et prends-en de la graine. »

Vantard qu’il était, ce dernier se mit en position, et, d’un bond élégant, délogea sans difficulté, le fruit que tentait d’attraper l’autre, depuis plusieurs minutes. Fier, le mâle se retourna, la prise entre ses crocs. La perdante se contenta d’hausser un sourcil, de remuer la queue et de reprendre les mures qu’elle avait cueillit un peu plus tôt. N’attendant pas son camarade, elle accéléra l’allure, mais, perdue dans son désir de semer celui qui l’avait humilié, ne vit pas le ruisseau par-dessus lequel elle avait sauté auparavant, et tomba dedans. L’eau, peu profonde mais glaciale, la saisit presque aussitôt et elle en lâcha ses fruits qui se mirent à dériver dans le courant. Elle se releva précipitamment, le ventre et les pattes mouillée, et bondit sur ceux qui se faisaient la malle. Trempée, certes, mais elle avait rattrapé ce qui lui appartenait. Peu triomphante, elle sortit à pas lent du cours d’eau et s’ébroua, sous l’œil amusé du mâle qui l’avait observé durant son drôle de spectacle. Ne voyant là-dedans, rien de comique, la femelle reprit son chemin en tentant d’ignorer celui qui marchait derrière elle. Lorsque l’odeur des autres thérianthropes, parvint à son museau, elle dressa les oreilles et bomba le torse. Une grande louve blanche, svelte et fine, vint à sa rencontre. Elle flaira les fruits cueillis et les pris délicatement en faisant attention à ne pas les broyer entre ses crocs acérés. La femelle regarda l’animal immaculé partir vers le centre de la clairière, pour y déposer la nourriture avec les autres herbes et fruits, et s’étira longuement. Elle fut cependant interrompue par un claquement de queue sec qui la frappa sur l’arrière-train. Outrée, elle se stoppa net et tenta de mordre l’oreille du coupable, qui n’était autre que celui qui l’avait « aidé » durant sa chasse aux fruits.

« De tous les mâles arrogants et malpolis que j’ai connu, je crois que tu es le pire !
- T’es sexy quand tu t’étires Shining. C’est pas ma faute si tu m’excites le piquet. »


Vexée et nullement intéressée, la canidée s’en alla rejoindre sa sœur, celle qui était venue la voir pour récupérer ses prises. Cette dernière était assise et contemplait tristement la maigre récolte de nourriture qui avait été amassée ces derniers jours. Son désespoir grandit encore lorsqu’un lynx vint y prendre un fruit de teinte rougeâtre, réduisant encore plus la quantité disponible. Shining inspira profondément, comme si elle allait pousser un long soupir, mais son souffle resta bloqué dans sa gorge.

« Sawyer te drague ? »

Surprise, la femelle rousse dressa les oreilles. La manière dont sa sœur avait voulu détendre l’atmosphère, ne lui avait guère plu, mais elle se prêta au jeu. Après tout, pourquoi passer son temps à toujours s’apitoyer sur son sort ? L’espoir était mort en même temps que les Hommes.

« Malheureusement. Pourquoi me parles-tu de ça, Kate ?
- Simple tentative pour te faire déstresser un peu. Tu es plus tendue qu’un chevreuil encerclé par une meute de loups affamés, ces derniers temps
, s'amusa sa sœur. »

« J’ai mes raisons. Et s’il te plait, cesse de faire des comparaisons qui donnent l’impression que nous avons toujours été des animaux. Je ne suis pas une louve, je suis une humaine. » Shining baissa la tête, accablée. Elle ne s’était jamais acceptée telle qu’elle était. Elle n’aimait pas être une thérianthrope. Mener une double-vie, avoir une deuxième personnalité, avait longtemps été presque invivable pour elle. Si elle devait choisir entre être définitivement une louve, ou définitivement une humaine, elle opterait pour la deuxième option. C’est avec sérieux qu’elle assumait totalement le fait qu’elle aurait largement préféré que Orla condamne les thérianthropes à rester bloqués dans leur enveloppe humaine, plutôt qu’animalière. Mais la vie en avait décidé autrement. Comme toujours d'ailleurs.
Elle recouvrit ses pattes de sa queue et laissa ses pensées divaguer, ses yeux se perdant dans la contemplation rêveuse des mets disposés devant elle. Ces derniers diminuaient à vue d’œil, et il n’y en avait plus assez pour nourrir ne serait-ce que la moitié de toute la tribu. D’autant plus que si l’on prend en compte que les lions, les léopards et les lynx, mangent deux fois plus qu’un loup, qu’un rapace, qu’un chien ou un chat… La famine les guettait, tapie dans l’ombre. La louve avait de plus en plus l’impression que cette fatalité attendait le bon moment pour tous les anéantir. Outre les maladies, le manque de nourriture restait en effet un danger qu’on ne pouvait nier. Se nourrir de plantes et de fruits ne suffirait bientôt plus. Les plus grands carnivores étaient au bord de la crise. Ils ne tarderont pas à craquer et à s’attaquer aux petits gabarits. Elle le savait.
« Si Orla ne nous a pas tué, alors c’est la faim qui le fera. A quoi ça sert d’avoir été épargné de cette merde, si c’est pour mourir de faim, à peine quelques années après le drame ? »

« J’en peux plus, je veux sortir ! »

Chloé était collée contre une des parois de la salle et hurlait à pleins poumons. Si la lumière était présente, l’on pourrait apercevoir la folie briller dans ses yeux. Elle frappait le mur à coups de poings, le lacérait de ses ongles abimés, sales et brisés, et se laissait glisser sur le sol en pleurant. Elle posa son front contre le goudron glacé et se mis à trembler de tous ses membres. A côté d’elle, le corps ensanglanté d’un petit garçon. Le regard vide, la bouche entrouverte, ce dernier ne montrait plus le moindre signe de vie. Et l’odeur indiquait que sa mort remontait à plus longtemps que quelques petites heures. Shining caressait les cheveux du cadavre et ne semblait pas être accommodée par la puanteur de la mort qui s’infiltrait dans chacun d’eux. D’autres personnes étaient en train de crier, de se frapper, de ramper sur le sol souillé par les déjections, la nourriture périmée et écrasée, l’eau perdue et abandonnée, le sang séché… La jeune femme qui était occupé à prendre soin du bambin qui était déjà mort, regardait d’un air glacial, un homme aux mains et aux dents pleines de rouge. Du moins, elle regardait son aura. Et elle se doutait que son corps était encore souillé de liquide incarnat. Son flair de loup le lui disait. Elle le sentait. « Il l’a tué… Il l’a tué hier et il n’a même pas pris le temps de se nettoyer. » En effet, cet homme, le thérianthrope de la race des ours, avait tué le frère de sa meilleure amie. En manque de viande, terrassé par la faim, son instinct animal avait pris le dessus, et même si les ours ne s’attaquent généralement pas aux humains pour les manger… Celui-ci avait fait exception. Même si elle n’avait pas vu la scène, Shining se souvenait très bien des hurlements. De l’odeur du sang. Des crocs. Et elle avait senti l’ours. Elle avait senti son pelage la frôler. Ce fou s’était transformé dans la pénombre dans la plus totale, pour assassiner le pauvre petit garçon qui n’avait rien demandé à personne. Il l’avait égorgé avant de reprendre sa forme humaine. Et personne n’avait rien pu faire, tout simplement parce qu’ils n’avaient rien vu. Ils avaient seulement entendu. Juste… Entendu.
Shining s’approcha de sa sœur de cœur et l’attrapa par les bras. Elle la décolla du mur et la pris avec elle. Elles s’assirent en même temps sur le sol, et elle laissa son amie endeuillée pleurer dans ses bras. Elle lui embrassa le dessus de la tête et lui frotta amicalement le dos en tentant vainement de la réconforter.

« Chhht… Ça va aller. Respire, Chloé. Respire. Calme-toi. »

Elle sentait les larmes de son amie qui coulaient sur ses bras nus. Ils avaient tous les habits déchirés, et rares étaient ceux qui avaient encore les jambes et bras couverts. Du moins, c’est ce que les gens disaient. Ils passaient leur temps à dire qu’ils avaient froids et qu’ils ne détenaient plus d’habits décents. Elle avait fini par en conclure que les vêtements devaient être déchirés. Près des deux jeunes filles, Sawyer était allongé sur le dos, les mains sur ses yeux, et Shining l’entendait gémir de douleur, autant psychique que physique. Elle assit correctement Chloé contre le mur, en prenant soin de la mettre droite, avança à tâtons vers son ami et posa sa main sur ce qu’elle en déduisit, son torse.

« Sawyer … ?
- Je veux sortir d’ici. »


En soupirant, la demoiselle s’allongea près de l’autre thérianthrope. Elle ne comptait plus les jours passés dans cette merde. Elle ne savait plus quand était le jour et quand était la nuit. Ayant perdu la notion du temps, elle était incapable de se rappeler précisément la durée d’une minute, ou même d’une seconde. La pénombre commençait à lui affecter le système nerveux et elle devait prendre sur elle-même pour ne pas se transformer et se mettre à courir partout en hurlant, sous sa forme animale.

« Comme tout le monde, Sawyer. Comme tout le monde.
- Ça me rend malade de ne pas savoir ce qui se passe dehors
, maugréa-t-il en se redressant et en regardant son amie, s’aidant de son aura pour la localiser. Il baissa le ton et s’approcha de l’oreille de sa camarade pour qu’elle seule l’entente. Si ça se trouve, il n’y a plus que 3 thérianthropes dans toute l’Asie. Toi, moi et l’autre cinglé d’ours de merde. »

Shining ne savait pas vraiment quoi répondre à ceci. Il était vrai que le fait qu’ils soient les derniers thérianthropes restants n’était pas impossible. Même si cela faisait froid dans le dos. Elle se passa une main dans les cheveux et ferma les yeux. Elle commençait de plus en plus à croire qu’il fallait s’enfuir. Elle ne voulait pas mourir ici. Pas comme ça. Et elle savait que les thérianthropes étaient épargnés d’Orla. Après cependant, il faudrait expliquer à l’armée qui gardait l’entrée du bunker, qu’ils étaient immunisés et qu’ils ne risquaient rien. Et cela était tout bonnement impossible. Une main lui tapota soudainement l’épaule et elle tourna la tête.

« Shining ?
- Oui Chloé ?
- Je… »


« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? » La jeune femme se tourna vers son amie, soucieuse. La voix tremblante qu’elle avait ne lui annonçait rien de bon. Elle lui prit la main et l’encouragea à continuer en lui tapotant le dessus de celle-ci.

« Je vais m’enfuir.
- Quoi ?! »


Choquée, la thérianthrope recula et lâcha la main de sa camarade. Comment Chloé pouvait-elle penser une telle chose ? Elle savait parfaitement que si elle mettait le nez dehors, elle se ferait fusiller. La bouche entrouverte, effet de surprise et de stupeur, ses mains se mirent frissonner toute seules. Sawyer, qui avait entendu le délire de sa camarade, se releva d’un bond. Son épaule heurta le mur et il lâcha un grognement de douleur. « Abruti. » Passée la brûlure, le jeune homme pris place à côté de Shining et se servit, comme son amie, de l’aura de Chloé pour précisément la localiser.

« Tu es complètement folle ? murmura le thérianthrope à l’oreille de l’adolescente. Cette dernière agita un instant sa main dans le vide, cherchant l’épaule de son pote, avant de trouver celle de gauche et de la poser dessus.
- Oui, je suis folle. Cet endroit m’a rendu complètement cinglée. On a tué mon frère. Je n’ai plus de famille. Et je ne veux pas crever ici ! »

Avant que l’un des deux amis n’ait pu faire le moindre mouvement, Chloé se leva précipitamment et se mis à courir dans le noir, à la recherche de l’échelle qui menait à la trappe située au toit de la pièce. Elle trébucha sur une femme qui se mit à crier. Un craquement retentit, suivi d’une série de hurlements qui s’amplifièrent au fur et à mesure que les secondes passèrent. Shining se couvrit les oreilles de ses mains et ferma les yeux. Elle entendit Sawyer rejeter la tête en arrière et se mettre à hurler lui aussi. Il avait positionné ses mains sur sa tête et serrait ses cheveux à pleines poignées. Elle le savait particulièrement sensible aux cris des autres, et il semblait sur le point de ne plus pouvoir les supporter. L’amie des deux thérianthropes avait fini par atteindre l’échappatoire, et escaladait les barres rouillées. La jeune femme se redressa et tendit les mains vers la fugueuse.

« Ne fais pas ça !! Si tu sors, tu mourras quand même ! »

Malgré les avertissements que l’on lui lançait, aveuglée par la folie, sa meilleure amie n’entendait plus rien. A quelques centimètres de la trappe, malgré le fait que personne ne puisse la voir, elle se tourna vers l’assemblée traumatisée.

« Regardez ! Ouvrez vos putains d’yeux ! Dans un instant, je serai dehors ! Et vous allez voir la lumière du jour !
- Non !
s’époumona Shining en se jetant en avant, ne récoltant que de la peau arrachée sur les bras et le torse. »

Elle se redressa et rejoignit son amie au pied de l’échelon. Chloé ouvrit la trappe et un immense rayon de soleil vint inonder la salle morbide. L’adolescente mis ses mains dehors et se hissa sur la route en un cri de triomphe. La thérianthrope poussa une vocifération ténébreuse et commença à grimper à toute allure pour rejoindre sa camarade.

« Chloé, reviens !
- Shining, redescends ! Tu vas te faire tuer, toi aussi !
s’horrifia Sawyer en courant vers son amie. »

Au moment où Shining allait mettre une main dehors pour récupérer sa confidente, une détonation stridente se fit entendre. Le corps de Chloé fut projeté dans les airs et il retomba sur le sol de la salle poisseuse. Un trou béant s’était formé dans sa poitrine et le sang avait éclaboussé la route, et coulait le long des murs et de l’échelle. Son corps fut secoué de convulsions quelques secondes, avant de s’immobiliser pour toujours. Ses yeux perdirent leur ultime éclat, et elle cessa de respirer. Une marre rouge pris forme sous le cadavre, terrorisant nombre d’entre les prisonniers. Les yeux écarquillés, Shining presque à l’extérieur du bunker, manqua de tomber de l’échelle. Anéantie, elle regardait le corps de son amie, incapable de hurler ou de pleurer.

« Shining ! Saute ! »

L’avertissement de son ami la ramena à la réalité. La jeune femme regarda en haut de la trappe, juste à temps pour voir un soldat la viser avec le canon de son fusil. Prise par surprise, elle resta figée, incapable de s’enfuir. Son ami avait beau lui hurler de sauter, elle ne réagissait pas. Comateuse, elle restait plantée devant son exécuteur, mains agrippées à l’échelle. Elle entendit nettement le « clic » de l’arme, annonçant que le soldat avait retiré le cran de sureté. Elle tressaillit et attendit que la balle vienne lui perforer les poumons et le cœur, comme il en avait été pour Chloé. Sawyer bondit vers elle et la percuta de plein fouet, au moment où le coup de fusil fusa. Le plomb rentra dans le crâne d’un vieil homme innocent, dont la cervelle explosa sur les murs et sur les personnes alentours. Son épouse se pris la tête entre ses mains et poussa un cri déchirant. Les centaines de personnes ici présentes se mirent toutes à s’égosiller. Elles se roulèrent sur le sol, se mirent à pleurer, se frappèrent la tête contre le sol et les parois. Le sang tapissait le parterre et les roches de l’immense cellule. Shining et Sawyer atterrirent douloureusement sur le sol en criant d’effrois. La jeune femme eut le souffle coupé lorsque son camarade retomba sur son ventre. Couverts de sang, ils décampèrent dans un coin isolé de la salle et se recroquevillèrent sur eux-mêmes. Les Allemands hurlèrent quelque chose qu’elle ne comprit pas, avant de refermer la trappe et de faire mourir la lumière du jour. La thérianthrope se réfugia dans les bras de son sauveur et se mis à se vider de ses larmes, accablée. Ce dernier la serra contre lui et déposa son menton sur son épaule, tout en lui caressant la nuque en lui murmurant de se calmer.

« Sawyer… C’est affreux…
- Je sais… Je suis désolé. Essaie de te calmer. »


Shining se dégagea un instant de l’emprise de celui qui lui avait sauvé la vie, pour pouvoir le regarder dans les yeux. Du moins, elle pensait le regarder dans les yeux.

« Merci. Merci de m’avoir sauvé la vie. Je ne sais pas… Je n’aurai pas du… Tu aurais pu mourir. Oh, je suis terriblement désolée...
- Ce n’est pas ta faute. Tu n’as pas à être désolée
, la rassura son ami en la reprenant dans ses bras. »

Sa camarade enfouit sa tête dans son épaule et laissa aller ses pensées. Chloé était morte. Une de plus à être devenue folle. Qui serait le prochain à perdre la raison … ?



Pour conclure

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« Une rage inimaginable m'a complètement envahi. Je voulais qu'il meurt ; et le lendemain, il était mort. Einstein avait raison. L'imagination est plus importante que le savoir. C'était comme une chose sortie de la mythologie antiques. Comme les furies venues pour punir Oreste. Les furies sont les déesses de la vengeance. Leurs larmes étaient de sang et leurs cheveux, des serpents. Si un crime était impuni, les furies exécutaient la sentence. »
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